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Nouveau-né

29 oct 2019

Méthode kangourou à domicile pour les petits poids de naissance !

Béatrice Mounier

Les soins maternels à l’enfant selon la méthode « mère kangourou » (contact continu peau-à-peau mère/enfant et allaitement maternel exclusif) est une des interventions parmi les plus efficaces pour faire diminuer la mortalité néonatale lorsque ces soins sont initiés dans des structures de santé. La revue de littérature conduite par l’organisation Cochrane en 2016, met aussi en avant une réduction significative du risque d’infections par rapport aux soins néonatals classiques.

L’Organisation mondiale de la santé  promeut largement cette approche dans les structures de santé pour les enfants avec un petit poids de naissance, 70 % des décès néonatals se produisant chez les enfants avec un poids de naissance inférieur à 2 500 g. Pourtant, le taux de couverture de cette méthode « mère kangourou » reste très bas (taux estimé à moins de 5 %), car nombre d’accouchements se font encore à domicile ou bien car les accouchées et leurs bébés sortent de l’hôpital avant que ces soins ne soient initiés.  Or les témoignages sur l’efficacité de la méthode « mère kangourou », lorsque ces soins sont débutés à domicile, dans les communautés, sans suivi de personnels qualifiés, manquent. Une étude a donc été menée en Inde, où se produisent 40 % des décès néonatals des pays en voie de développement. Deux groupes de nouveau-nés pesant 1 500 g à 2 250 g  à la naissance, sans comorbidités, capables de s’alimenter, nés à domicile ou revenus à domicile dans les 24 heures après leur naissance et enrôlés dans les 72 heures après leur naissance, ont été comparés. Un groupe bénéficiait de la méthode « mère kangourou », avec conseil aux accouchées par des équipes d’enquêteurs et suivi à domicile selon le protocole national et le groupe témoin n’a bénéficié d’aucune intervention des équipes d’enquête. Les principaux indicateurs suivis étaient le nombre de décès dans les 28 jours puis dans les 6 mois, ainsi que des données anthropométriques et des signes cliniques comme la diarrhée. L’analyse statistique a été faite en utilisant le modèle de régression de Cox. Une diminution de la mortalité à 30 jours dans le groupe kangourou Cette recherche montre que la survie des nouveau-nés qui ont bénéficié des soins selon la méthode « mère kangourou », est meilleure que celle des enfants du groupe témoin (réduction de 30 % des décès entre la naissance et 28 jours de vie). Les indicateurs poids-pour-âge et poids-pour-taille étaient aussi meilleurs que dans le groupe témoin. Par contre, aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes quant à la proportion de nourrissons hospitalisés.  La réduction de la mortalité observée dans le groupe bénéficiant des soins « mère kangourou » pourrait notamment être liée au nombre plus important d’enfants exclusivement allaités dans ce groupe. Même s'il existe des obstacles à la mise en œuvre de ce type de soins comme le manque de disponibilité des mères, il apparaît essentiel d’intégrer la méthode « mère kangourou » dans les programmes de prise en charge des nouveau-nés dans les communautés pour diminuer la mortalité dans les populations à risque.

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