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Allaitement

31 aoû 2020

Microbiote du lait maternel : facteur essentiel de la colonisation intestinale du nourrisson

Roseline Péluchon, Val-de-Reuil

L’allaitement maternel est l’alimentation idéale pour le nouveau-né. À côté des nutriments essentiels, les cellules immunitaires et les composants bioactifs confèrent au lait maternel des effets anti-inflammatoires, anti-infectieux et probiotiques. Il a été démontré que la colonisation de l’intestin par le microbiote intestinal du nouveau-né augmente rapidement après la naissance et que le microbiote du lait maternel en est la principale source. La composition de celui-ci est essentielle, notamment pour le développement du système immunitaire du nouveau-né, et son déséquilibre (dysbiose) a été associé à des problèmes de santé qui surviennent plus tard dans la vie de l’enfant.

Des travaux ont montré que le microbiote intestinal du nourrisson alimenté exclusivement au lait maternel est moins diversifié que celui des enfants nourris au lait artificiel. Il est en revanche plus riche en Bifidobactéries, Streptocoques et Staphylocoques. Une meilleure connaissance de la composition du microbiote du lait maternel et les facteurs qui le déterminent semble importante, notamment pour améliorer la composition des laits artificiels. Plusieurs facteurs influenceraient la composition de ce microbiote Une revue de la littérature a été menée sur le sujet, incluant 44 études. Au total 3 105 échantillons de lait ont été analysés, provenant de 2 655 femmes. L’analyse de ces échantillons montre que le microbiote du lait maternel est plus diversifié que le microbiote intestinal de l’enfant et celui de sa mère. Entre 22 et 260 espèces par échantillon de lait sont détectées. Dominé par les Staphylocoques, Streptocoques, Lactobacilles, Pseudomonas, Bifidobactéries, Corynebactéries et Entérocoques, il contient aussi des Archées, des champignons, des Eucaryotes et des virus. L’on estime qu’en consommant en moyenne 800 ml de lait maternel par jour, l’enfant ingère environ 8 x 107 à 1 010 bactéries quotidiennement. Il apparaît que l’âge gestationnel, le mode d’accouchement, le sexe, la parité, la prise d’antibiotiques pendant la grossesse ou le stade de l’allaitement influencent la composition du microbiote du lait maternel. Il varie aussi selon l’alimentation de la mère, son indice de masse corporelle, la composition du lait en macronutriments et en substances bioactives, ou encore une infection par le VIH, la situation géographique et la technique d’allaitement. Notons toutefois que ces résultats sont à prendre avec prudence, car les études incluses dans cette analyse sont en majorité de petite taille et leurs données sur ce sujet contradictoires. L’influence relative de ces facteurs devra être confirmée. Hypothèse retenue : le passage entéro-mammaire Comment ces bactéries se retrouvent-elles dans le lait maternel ? La question n’est pas encore résolue. Il a été avancé que les canaux galactophores seraient colonisés par le microbiote de l’enfant pendant la tétée, mais des bactéries ont été retrouvées dans le colostrum avant même que l’allaitement ait commencé. Une contamination des canaux par les germes contenus sur la peau a aussi été évoquée, hypothèse contredite par le fait que certains germes retrouvés dans le lait maternel ne sont pas présents sur la peau. L’hypothèse retenue par les auteurs et privilégiée actuellement est celle de la voie entéro-mammaire : les bactéries intestinales, ou leur ADN, pourraient être transférées de l’intestin de la mère vers les canaux galactophores.

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