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Profession

08 juil 2021

Pénurie de sages-femmes : le Conseil de l’Ordre donne l’alerte

L. Bourgault
Pénurie de sages-femmes : le Conseil de l’Ordre donne l’alerte

La saison estivale est entamée et le personnel manque dans les maternités de France. Une carence de professionnels de la maïeutique délétère pour la sécurité des femmes et des nouveaux-nés. Le point du CNOSF.

Les congés d’été ont commencé pour les juillettistes, mais les naissances elles ne prennent pas de vacances. Habituellement, les sages-femmes et maïeuticiens fraîchement diplômés viennent pallier les absences temporaires des titulaires. Et ainsi assurer la continuité des soins. Mais cette année, la pénurie est au rendez-vous. « De nombreuses maternités rencontrent d’immenses difficultés à recruter des sages-femmes », alerte ainsi le CNSOF dans un communiqué du 7 juillet. Épuisement des effectifs, exercice libéral privilégié Comment expliquer que les effectifs ne soient pas au complet ? Beaucoup de maïeuticiens et de sages-femmes « quittent l’exercice en maternité, épuisés par des conditions de travail de plus en plus critiques », décrit le CNSOF. Et cette année, pour la première fois, les diplômés « ne sont pas assez nombreux pour prendre la relève dans les maternités, préférant s’orienter vers l’exercice libéral ». Plusieurs critères, considérés comme « sources majeures d’insécurité à la fois pour les soignants et les patients », incitent les jeunes professionnels à s’éloigner des maternités : La précarité des contrats de celles et ceux enchaînant les embauches temporaires avec des probabilités de titularisation jugées trop minces ; La faible rémunération, fixée sur « la base d’anciennes grilles salariales désavantageuses » ; Le contexte politique et économique freine aussi les engagements des jeunes diplômés dans les maternités. Principaux points : le manque de reconnaissance conféré par le Ségur de la Santé, un désaccord prégnant de la profession avec les décrets de périnatalité, des textes jugés « désuets ». Mais aussi le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) toujours attendu sur la revalorisation salariale et l’évolution des statuts notamment. « L’été 2021 pourrait être dramatique » L’attractivité pour les maternités constitue un enjeu majeur de santé publique. « Sans réaction des pouvoirs publics, le mouvement de fuite des sages-femmes des maternités se poursuivra et s’amplifiera, fragilisant encore un système périnatal déjà précaire », alerte le CNSOF. Aujourd’hui, cette situation relève de l’urgence.  « Le Conseil national appelle les pouvoirs publics à se saisir en urgence de cette question et réitère les propositions qu’il a soumises à l’IGAS, qui permettront d’améliorer l’attractivité du métier et de garantir la qualité et la sécurité de la prise en charge. Sans réaction des autorités, l’été 2021 pourrait être dramatique. »

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