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Profession

Publié le 13 juin 2022Lecture 3 min

Les sages-femmes manquent à l’appel

Quentin HAROCHE, Paris
Les sages-femmes manquent à l’appel

Qualité des soins, suivi des femmes en pré et post-partum, gestion des urgences... la pénurie de sages-femmes inquiète à l'approche de l'été. Malgré la hausse récente des salaires, débloquée par le Ségur de la santé, 4 professionnel(le)s sur 10 font aujourd'hui le choix de quitter l'activité hospitalière après 2 ans d'exercice. Eclairage avec des données sur le manque de reconnaissance du métier, de moyens pour un travail coordonné et qualitatif et de temps de récupération entre chaque garde.

De nombreuses maternités manquent de sages-femmes mettant en péril la prise en charge des femmes enceintes et la continuité des soins. Des services d’urgences saturés, la désertification médicale qui s’accentue, des médecins épuisés et en colère : l’état actuel du système de santé français n’est pas reluisant. Si les urgences sont actuellement au cœur de l’actualité, il semble malheureusement qu’un autre secteur soit en péril, celui des maternités. Le secteur de la périnatalité doit faire face à un manque important de personnel et notamment de sage-femmes. Ce mardi à l’antenne de France info, le Dr Joelle Belaisch-Allart, présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a lancé l’alerte et évoqué les orientations actuelles des maïeuticiennes. « Elles s’installent en ville et désertent nos maternités, elles s’orientent vers d’autres activités, vers le planning familial ou vers la gynécologie » explique la chef du service de gynécologie-obstétrique du centre hospitalier des Quatre Villes, qui estime que ce sont des milliers de sages-femmes qui manquent dans les maternités. L’intervention du Dr Belaisch-Allart fait écho à la lettre ouverte au gouvernement publiée par le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens français (SYNGOF) la semaine dernière, qui alertait sur un risque « d’accident imminent, en particulier en termes de périnatalité » et de possibles fermetures de maternité durant l’été. Si les grosses structures parviennent à gérer ce manque de personnel en se recentrant quasiment exclusivement sur l’activité en salle de naissance (au détriment de l’accompagnement des mères en amont et en aval de l’accouchement), les plus petites structures sont débordées. A Nevers, la maternité de la ville a dû fermer ses portes pendant une semaine en avril faute d’effectifs minimum. Un manque de reconnaissance morale et financière On estime que 40 % des sages-femmes quittent l’hôpital au bout de seulement deux ans d’exercice. Si elles fuient les salles de travail, c’est avant tout en raison d’un manque de reconnaissance morale et financière par rapport à la difficulté de leur travail, à la fois fatiguant et stressant. Il y a un « décalage entre le niveau de responsabilité et le niveau de reconnaissance » explique une sage-femme.  « Les sages-femmes en ont un peu assez de la pénibilité de la salle de naissance, je ne leur jette pas la pierre, car c’est exactement la même chose pour les médecins » ajoute le Dr Belasich-Allart. « La salle de naissance est un travail pénible, fatigant et pas reconnu ». Le manque de personnel crée un cercle vicieux bien connu, puisqu’il entraine une détérioration des conditions de travail qui conduit à son tour à un départ de soignants. Selon Caroline Combot, secrétaire général de l’Organisation syndicale des sages-femmes, le métier devient de plus en plus difficile. « On enchaine quinze ou seize gardes par mois alors qu’on était censée en faire douze ou treize, le temps de récupération n’est pas suffisant ». « Les sages-femmes quittent le métier et pour les faire revenir, il va falloir faire vraiment de gros efforts ». Des efforts financiers notamment : en début de carrière, ces professionnelles ne touchent que 1 600 euros par mois. Des accords signés récemment portent la promesse d’une réponse à certaines des attentes des maïeuticiennes, mais pas sûr qu’elle soit suffisante pour résorber la crise actuelle.

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