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Gynécologie de l'adolescente

Publié le 18 oct 2007Lecture 3 min

Contraception à l’adolescence

Dr Julie Perrot

Plusieurs communications ont été consacrées à la contraception et la reproduction à l’adolescence.

Au Royaume-Uni : réalités et défis[1] Au  Royaume-Uni, où le taux de grossesses chez l’adolescente est l’un des plus élevés d’Europe occidentale et compte une forte proportion de grossesses non désirées aboutissant à une interruption chirurgicale, le National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) a suggéré d’avoir plus souvent recours aux contraceptions de longue durée réversibles.  Les Dr S. Sundararaman (Stoke Mandeville Hospital, Buckinghamshire) et K. Guthrie (Hull Royal Infirmary, East Yorkshire) ont rapporté, dans leur communication, leur expérience de mise en œuvre de cette recommandation. Ils ont recueilli, trois mois durant, de mars à mai 2006, les données intéressant les choix de contraception de longue durée après interruption chirurgicale de grossesse. Sur 199 patientes, âgées en moyenne de 23,1 ans (extrêmes : 14-41ans) ayant eu une IVG chirurgicale, 56 étaient des adolescentes (28,1 %). Dans cette population d’étude, 112 patientes (56,2 %) ont choisi une contraception de longue durée réversible, tandis que 6 ont opté pour la stérilisation sous laparoscopie. 81 patientes (40,7 %) n’ont choisi aucune contraception après l’IVG, et parmi elles, 34 (41,9 %) étaient âgées de 14 à 19 ans. Les auteurs de cette étude insistent sur la nécessité de l’éducation, y compris en milieu scolaire, et du suivi des adolescentes, visant à réduire le taux de grossesses non désirées. Ils mettent l’accent aussi sur la prise en charge de divers facteurs favorisant ces grossesses non voulues (alcoolisme et troubles du comportement, par exemple). En Norvège : l’éducation ne suffit pas[2] Le Dr U. Ollendorf (Norwegian  Directorate of Health and Social Affairs) a rappelé que depuis les années 1990, plusieurs stratégies ont été mises en œuvre, avec pour objectif de réduire les avortements chez l’adolescente et améliorer la santé en matière de reproduction. Jusqu’en 2002, ces stratégies ont été ciblées principalement sur l’éducation sexuelle, sans résultats suffisants : l’utilisation de la contraception n’a pas augmenté significativement, et le taux d’IVG était, en 2000, le plus élevé de la décennie. Une nouvelle stratégie a été développée visant notamment à renforcer l’autonomie sexuelle  et à encourager les adolescents à être maître de leur santé sexuelle et de leur fertilité. Elle s’est appuyée d’une part sur l’accès aux connaissances et au conseil, d’autre part sur le travail par groupes d’âge, de sexe, d’orientation sexuelle, de culture. Cette stratégie s’est fondée en particulier sur : le dialogue,  impliquant filles et garçons ; l’accès facile aux consultations ; l’éducation sexuelle spécifique selon le sexe ; la contraception gratuite pour les 16-19 ans ; la mise à disposition, gratuitement, de préservatifs dans les lieux fréquentés par les jeunes. Résultats : le taux d’IVG  chez les adolescentes a chuté de 25 % depuis 2000 ! Les naissances chez les adolescentes comptent pour moins de 5 % de la totalité des naissances annuelles, le taux global de grossesse dans cette population jeune a diminué et les enquêtes nationales laissent apparaître un haut niveau de connaissances des adolescentes sur la contraception. L’utilisation de la contraception orale a augmenté de 7 à 10 % par an dans toute la population féminine fertile, avec un taux de 588 p. 1 000 chez les jeunes filles en 2006. Et l’utilisation des contraceptifs a augmenté au cours des cinq dernières années.

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