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Douleur

Publié le 01 avr 2018Lecture 3 min

Difficile de prendre en charge la phase de latence de l'accouchement

Marie GÉLÉBART, Gonesse

La phase de latence de l'accouchement après la mise en route du travail, période particulièrement variable d'une femme à l'autre, est particulièrement délicate à vivre. Si certaines patientes considèrent qu'elles doivent être hospitalisées, les professionnels de santé ne voient pas les choses ainsi et le retour à la maison après l'examen s'accompagne trop souvent de peu de soutien et de conseils. Pourtant la façon dont les femmes perçoivent la manière de gérer la première phase du travail impacte profondément le vécu de l'ensemble de l'accouchement

Une revue systématique de 21 publications parues ces 15 dernières années s'est intéressée à l'opinion des patientes, de leurs accompagnants et des professionnelles de santé concernées quant à ce qui pourrait aider à mieux vivre cette période délicate. Sur plus de 700 publications identifiées, 21 ont été retenues ; elles provenaient essentiellement du Royaume-Uni et de Scandinavie. Il en ressort que les primipares ne savent pas réellement à quoi s'attendre, même lorsqu'elles ont suivi la préparation à la naissance. Lorsque le travail commence, elles révisent fréquemment leurs plans, en particulier en ce qui concerne la prise en charge de la douleur. Certaines souhaitent rester à l'hôpital, d'autres pas Dans le type d'organisation de soins étudié, les femmes peuvent appeler une sage-femme référente pour s'assurer que ce qu'elles ressentent est normal ou pour avoir des conseils sur la meilleure façon de faire face à la douleur. C'est souvent à l'issue de cet appel qu'elles décident ou non d'aller consulter. Si certaines femmes sont contentes de rester dans leur environnement familier, d'autres ne comprennent pas pourquoi elles ne seraient hospitalisées ; parfois c'est parce qu'elles ne semblent pas être en travail mais il arrive également que la sage-femme tente au maximum de retarder l'admission faute de place pour les accueillir. Bien que les dernières recommandations britanniques postulent que le toucher vaginal n'est pas toujours nécessaire pour diagnostiquer le début du travail, les futures mères le réclament : elles veulent savoir où elles en sont, alors que les sages-femmes peuvent préférer privilégier l'observation des contractions, leur fréquence, leur puissance. Lorsque la dilatation n'est pas aussi avancée qu'espérée, les femmes sont découragées. L'hospitalisation soulage alors souvent leurs angoisses ; il arrive même qu'elles se sentent mieux dès qu'elles ont passé la porte de la maternité. Optimiser le rôle de l'entourage mais améliorer surtout l'information ! Comment contenter tout le monde alors même que toutes les femmes ne souhaitent pas la même chose ? L'une des pistes est la préparation à la naissance : le fait que le travail ne se déroule pas toujours comme attendu doit être clairement expliqué et l'apprentissage des techniques de prise en charge de la douleur méritent être approfondi. Par ailleurs, pourquoi ne pas impliquer davantage le compagnon ou un(e) accompagnant(e) ? L'entourage doit en effet dépasser ses doutes quant à son rôle et à l'utilité de sa présence alors même que son soutien est souvent apprécié pour aider à gérer le stress mais, ne supportant pas la souffrance de l'autre, il peut aussi pousser à aller consulter trop tôt. Et de leur côté, les femmes peuvent être encouragées à approfondir leur préparation entre autres via la consultation de témoignages de multipares validés par des professionnels ainsi que le proposent des sites anglophones tels que http://healthtalk.org. Mais avant tout, ce que les femmes veulent, ce sont des conseils clairs, personnalisés et surtout bienveillants. De ce point de vue-là, c'est la formation en communication qui devrait être améliorée.

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