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Accouchement

12 juin 2019

Accouchement dans l’eau : pas de risque de noyade pour le nouveau-né !

Marie GÉLÉBART, Sage-femme, Gonesse

Durant la première partie du travail, l’immersion dans l’eau est réputée apaiser la douleur. Si cette pratique est considérée comme sûre durant la phase de dilatation, une controverse existe quant à l’accouchement lui-même. 

Difficile cependant d’essayer de prouver l’innocuité d’une telle pratique avec une classique étude randomisée contrôlée. Les méta-analyses sont alors pertinentes. En voici une qui s’est intéressée au nouveau-né. La recherche par mot clé a fait émerger 638 références parmi lesquelles n’ont été retenues que 91 études après lecture du résumé ; plus de la moitié n’a pas résisté à une lecture approfondie. Reste 34 publications, essentiellement publiées après 1995, portant sur des naissances à terme, en milieu hospitalier et dont les données étaient comparées avec celles des accouchements conventionnels. Il s’agit de 5 études randomisées, 2 non randomisées, 21 études de cohorte, 12 études de cohorte appariées. Huit rassemblent plus de 1 000 femmes. Au total, 28 529 naissances dont 45 % se sont déroulées sous l’eau. Le risque de biais est modéré. Toutes les études n’incluent que des patientes à bas risque sans pour autant que la définition du bas risque soit toujours très claire. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les grossesses multiples ou les présentations autres que céphaliques ne sont pas exclues dans certaines études.  Apgar similaire à 5 minutes L’hétérogénéité des données n’a pas permis d’obtenir une étude comparée de l’Apgar à 1 min ; l’Apgar à 5 min, est similaire entre les accouchements dans l’eau et les accouchements conventionnels. Le mode d’accouchement n’a pas d’impact sur le risque de dystocie des épaules, de nécessité à recourir à une réanimation néonatale, ni sur la valeur du pH au cordon. Il n’y a pas non plus d’effet sur le risque d’infection, d’admission en unité de soins intensifs ou de décès néonatal. Il semble qu’il y ait une tendance à moins d’hypothermie lors des accouchements dans l’eau et moins de détresse respiratoire (Odds Ratio 0,44 ; intervalle de confiance à 95 % 0,25-0,75). Cette nouvelle méta-analyse vient confirmer les résultats de deux autres publiées en 2015 et 2016 : la naissance dans l’eau apparaît sans risque pour le nouveau-né. Pour autant, les effets à long terme ne sont pas connus. Ni le nombre de femmes qui ont pu ou qui souhaiteraient accoucher de cette façon. 

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