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Publié le 21 avr 2022Lecture 3 min

Diagnostic de la coarctation de l’aorte : examinons donc les patients !

Jean-Jacques BAUDON, Hôpital Armand-Trousseau, AP-HP; Paris
Diagnostic de la coarctation de l’aorte : examinons donc les patients !

La coarctation de l’aorte (CoA) peut se révéler à la naissance lors de la fermeture du canal artériel ou plus tard chez le nourrisson, l’enfant, l’adolescent voire l’adulte à l’occasion d’une hypertension, de symptômes respiratoires, de douleurs thoraciques, de la diminution des pouls fémoraux qui est un signe essentiel.

La coarctation de l’aorte (CoA) peut se révéler à la naissance lors de la fermeture du canal artériel ou plus tard chez le nourrisson, l’enfant, l’adolescent voire l’adulte à l’occasion d’une hypertension, de symptômes respiratoires, de douleurs thoraciques, de la diminution des pouls fémoraux qui est un signe essentiel. Le dépistage devrait être systématique par l’échographie fœtale, l’examen clinique à la naissance et l’oxymétrie de pouls. En comparaison avec le début des années 2000, on devrait s’attendre actuellement à une reconnaissance plus précoce des CoA. Une étude de l’Hôpital d’Enfants de Boston a repris l’histoire clinique des patients adressés en cardiologie sur 2 périodes avant et la mise en place du dépistage par oxymétrie de pouls : 2006-2011 et 2015-2019. Au total, les dossiers de 200 patients consécutifs ayant eu un diagnostic de CoA ont été revus et comparés en fonction de la période concernée. Les patients ont été inclus s’ils avaient une forme isolée ou une CoA associée à différentes malformations. Sur la totalité du groupe, 56 % avaient une valve aortique bicuspide et 30 % une communication interventriculaire qui a été fermée dans 75 % des cas ; 14 patients avaient une interruption de la crosse aortique (8 en 2006-2011, 6 en 2015-2019). Echocardiographie et oxymétrie sont contributifs mais cela ne suffit pas Dans les deux groupes, le diagnostic est intervenu pour environ la moitié (47 %) des patients dans les cinq premiers jours. Le diagnostic par échocardiographie fœtale a été plus fréquent pour le groupe 2015/2019 (30,5 % vs 20,5 % ; p < 0,03), l’obstruction se manifestant souvent seulement au moment de la fermeture du canal artériel. Dans chaque groupe, un quart des patients ont eu leur diagnostic après un an et pour 7 % ce diagnostic a été posé de manière incidente. L’oxymétrie de pouls n’a été documentée comme anormale pour seulement 8 parmi 47 patients et n’a pas été mesurée en cas de diagnostic anténatal. L’évaluation d’un souffle cardiaque a été le second motif de consultation en cardiologie. Une dysfonction du ventricule gauche modérée a sévère été constatée surtout au cours du premier mois à une fréquence similaire pour les deux groupes. Ces enfants avaient souvent une tachypnée et une prise pondérale insuffisante. Une diminution des pouls fémoraux ou une hypertension étaient rarement signalées par les médecins qui avaient adressé les patients en cardiologie. L’hypertension était plutôt attribuée à un problème rénal. Des symptômes à l’effort étaient surtout rapportés pour les enfants de plus de 10 ans.  L’échographie fœtale et le dépistage par oxymétrie de pouls contribuent au diagnostic en période néonatale. Cependant, l’examen physique, en particulier la palpation des pouls périphériques et devant toute hypertension la recherche d’une coarctation devraient conduire à un diagnostic plus précoce.

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