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Obstétrique

Publié le 13 juin 2022Lecture 3 min

Qui va aux urgences en post-partum ?

Bernard-Alex GAUZERE, La Réunion
Qui va aux urgences en post-partum ?

Selon une étude canadienne, la prise en charge aux urgences pendant le post-partum concerne surtout les femmes vivant dans des déserts médicaux, celles dont des complications liées à l'accouchement ont nécessité une prise en charge en soins intensifs, celles ayant accouché par césarienne, mais aussi les patientes rapportant une fragilité mentale et/ou celles confrontées à la précarité économique.

ien que la grossesse constitue une opportunité pour un contact régulier avec le système de santé, le bien-être de la mère est souvent éclipsé dans la période post-partum par l'arrivée du nouveau-né. De plus, certaines patientes peuvent être affectées par les défis que pose la transition entre les soins obstétricaux et les soins primaires après l'accouchement. Au Canada où, chaque année, quelque 450 000 femmes donnent naissance à un enfant vivant, les soins obstétricaux sont généralement poursuivis pendant les six premières semaines du post-partum, après quoi les soins réguliers et le suivi sont assurés par le médecin de famille ou le médecin généraliste. Des données probantes suggèrent que les femmes en post-partum constituent un groupe à risque élevé de passages fréquents au service des Urgences, particulièrement si elles présentent des complications liées à la grossesse. Plus d’un quart de million de grossesses Les lacunes dans les soins post-partum peuvent faire que des problèmes non urgents et redevables des soins primaires se transforment en problèmes urgents qui nécessitent des passages aux Urgences. Les programmes traditionnels d'éducation et de dépistage en post-partum pour les personnes à haut risque de complications semblent peu adaptés à la prévention de la morbidité obstétricale, d'après les données des États-Unis. Jusqu'à 14,4 % des visites aux Urgences pendant la grossesse et la période postnatale sont dues à des problèmes de santé non urgents liés à l'allaitement ou à l’incontinence urinaire à l'effort et la majorité de ces passages aux Urgences postnatales n'entraînent pas d'hospitalisations. Une étude décrit la fréquence, les caractéristiques et les facteurs prédictifs des visites aux Urgences maternelles pendant la période post-partum. Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective de toutes les grossesses avec naissance vivante survenues en Alberta (Canada) entre 2011 et 2017 menée à partir de 5 bases de données sur la santé de la population. Des données relatives à 255 929 grossesses chez 193 965 femmes ont été analysées. 44,7 % des grossesses ont donné lieu à un ou plusieurs passages aux Urgences Près de la moitié de ces grossesses ont été à l’origine d’un ou plusieurs passages aux urgences et 29,7 % de ces visites se sont faites dans les six semaines suivant l'accouchement. Un plus grand nombre de passages aux Urgence après l'accouchement a été associé au fait de vivre dans une région éloignée (risque relatif RR, 2,8 ; intervalle de confiance à 95 % IC95 %, 2,6 à 2,9) ou rurale (RR, 2,3 ; IC95 %, 2,3 à 2,4), à un âge inférieur à 20 ans (RR, 2,5 ; IC95 %, 2,4 à 2,6), à la présence de troubles mentaux (RR, 1,6 ; IC95 %, 1,6 à 1. 7) et à des problèmes de santé majeurs/modérés (RR, 1,5 ; IC95 %, 1,5 à 1,6), à la multiparité 4 ou plus (RR, 2,0 ; IC95 %, 1,9 à 2,1), à des accouchements par césarienne (RR, 1,4 ; IC95 %, 1,4 à 1,4) et aux soins prénataux intensifs (RR, 1,4 ; IC95 %,, 1,4 à 1,5). Les âges maternels moyens à l'accouchement étaient de 30,4 (IC95 % : 30,4 à 30,4) ans, 29,3 (IC95 % : 29,3 à 29,4) ans et 28,0 (IC95 % : 27,9 à 28,1) ans pour les grossesses ayant fait l'objet de 0, 1 et 2 visites aux urgences ou plus, respectivement. L'âge gestationnel moyen à l'accouchement était compris entre 38,8 (IC95 % : 38,8 à 38,8) semaines et 38,4 (IC95 % : 38,3 à 38,4) semaines dans tous les groupes. La plupart des grossesses concernaient des femmes âgées de 30 à 34 ans (IC95 % : 26,2 % à 37,6 %) et ont donné lieu à des naissances uniques (IC95 % : 97,7 % à 98,4 %). La résidence en zone urbaine compte pour 83,6 % des post partum sans visite aux urgences à 58,3 % des post-partum avec 2 visites aux urgences ou plus. La majorité des grossesses ont bénéficié de soins prénataux adéquats/intermédiaires (IC95 % : 74,1 % à 80,4 %). L'accouchement par voie basse (sans assistance) était le mode d'accouchement le plus courant dans la cohorte (IC95 % : 56,3 % à 63,0 %). L'augmentation des passages aux Urgences pendant la période postnatale est associée à des facteurs sociodémographiques… … comme par exemple, un âge plus jeune, le fait de vivre dans une région éloignée ou rurale, à des facteurs liés à la patiente (par exemple, la parité, les conditions de santé mentale et physique) et aux services de santé (par exemple, les soins prénataux intensifs, le mode d'accouchement par césarienne). Les programmes de soutien post-partum doivent s'adapter à ces facteurs afin de répondre aux besoins des patientes qui peuvent nécessiter une aide supplémentaire en matière de soins de santé pendant cette période.

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