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Accouchement VB - Césarienne

Publié le 17 oct 2022Lecture 4 min

La santé périnatale se dégrade en France

François Haroche
La santé périnatale se dégrade en France

Santé publique France a publié les résultats de l'Enquête nationale périnatale 2021, cinq ans après la dernière édition de ce travail de terrain. Nouveauté cette année : le suivi à 2 mois de l'accouchement. L'intégralité de l'enquête est consultable sur le site dans la rubrique "RECOMMANDATIONS".

Santé publique France publie un rapport sur la santé périnatale en France qui se base sur des données* antérieures à l’épidémie de Covid-19. Ces données mettent en évidence une dégradation de la santé périnatale en France sur fond d’augmentation de l’âge maternel (30,3 ans en 2019 vs 29,3 ans en 2010) et de baisse du taux de natalité (125 pour 1000 habitants en 2019 vs 135 pour 1000 habitants en 2010). Dégradation de la situation sociale des parturientes La proportion de femmes sans domicile fixe donnant naissance à un enfant a augmenté en Île-de-France (seule région qui dispose de données consolidées en la matière) entre 2015 et 2019, particulièrement à Paris (2,28 % en 2019 vs 0,58 % en 2010). Par ailleurs, la part des accouchements couverts par l’AME (plafond de revenus de 9 571 € en métropole et de 10 653 € dans les DROM), est en progression dans toute la France. Le taux d’accouchement avec une facturation à l’AME est ainsi passé de 1,6% en 2010 à 2,4% en 2019. Ce taux est plus élevé dans les DROM qu’en France métropolitaine, il atteint même 27,7 % en Guyane en 2019 (vs 22,9 en 2010). Dégradation de la morbidité maternelle Entre 1998 et 2016, à partir des données des enquêtes nationales périnatales (ENP), la proportion de femmes ayant accouché avec un IMC normal avant grossesse a diminué, passant de 68,0% en 2003 à 60,8% en 2016. Ce phénome explique en partie l’accroissement du taux de diabète gestationnel concernant les accouchements enregistrés dans le PMSI/SNDS entre 2010 et 2019 qui a plus que doublé (de 6,1 % en 2010 à 13 % en 2019). Mais cela ne s’est pas traduit par une augmentation de la part d’enfants nés avec poids élevé pour l’âge gestationnel (PEAG, poids supérieur à 4 kg) qui demeure stable (10,7 % des naissances vivantes) L’hémorragie du post-partum (HPP), « définie par des pertes sanguines supérieures ou égales à 500 ml, est considérée comme sévère à partir d’un saignement ≥ 1 000 ml ou une perte d’hémoglobine supérieure à 3g/dl » rappelle SPF. En France le taux d’HPP (en se basant sur les données du PMSI) est de 5,4% en 2019 versus 4,2% en 2010. Dans les DROM hors Mayotte, le taux est moins élevé : 4,5% en 2019 vs 3,7% en 2010. Cette évolution est cependant « en grande partie le reflet d’une amélioration du repérage de l’HPP grâce à la quantification des pertes sanguines et de l’exhaustivité de son codage » estime Santé publique France. Toujours concernant la santé maternelle, on notera un taux global de césarienne stable (20,5% en 2010, 20,2% en 2019) et une forte baisse du nombre d’épisiotomies (17,7 % en 2010 vs 5,3 % en 2019). Parallèlement à cette baisse de fréquence des épisiotomies, on observe de 2010 à 2019 une augmentation des déchirures périnéales sévères de grade 3 ou 4. Le nombre de déchirures périnéales sévères pour les accouchements par voie basse est ainsi passé entre 2010 et 2019 de 0,88 % à 1,28 % chez les primipares et de 0,35 % à 0,50 % chez les multipares soit une augmentation de 45% pour les 2 groupes. Evolutions préoccupantes de la mortalité néonatale Si le taux de mortalité maternelle a légèrement diminué entre 2007-2009 (9,5 décès pour 100 000 naissances) et 2013-2015 (8,1 décès pour 100 000 naissances), la mortalité néonatale (entre 0 et 27 jours de vie) augmente. Entre 2010 et 2019, le taux de mortalité néonatale a varié de 1,6 p. 1 000 et 2,0 p. 1 000 naissances vivantes (NV) pour la France entière. En métropole, les taux sont semblables à la moyenne nationale : entre 1,6 pour 1 000 et 1,8 p. 1 000 NV respectivement en 2010 et 2019. Dans les DROM la mortalité néonatale est plus élevée et a varié entre 3,3 pour 1 000 NV en 2010 et 4,1 pour 1 000 NV en 2019 Mais ce document ne présente pas que des mauvaises nouvelles. Les auteurs rapportent ainsi une baisse du taux de prématurité sur l’ensemble des naissances vivantes et mort-nées qui est passé de 7 % à 6,3 % pour les naissances vivantes entre 2010 et 2019.  En conclusion, Santé publique France alerte sur « l’évolution de certains indicateurs » qui « témoigne d’une situation préoccupante ». Pour l’institution sanitaire « le gradient des inégalités sociales de santé est un marqueur important des issues défavorables de grossesse et doit être un critère prioritaire devant guider le renforcement et la réalisation des actions pour une meilleure santé des parents et de leurs enfants ». * Les sources de données utilisées sont : les données de l’état civil de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le programme de médicalisation du système d’information (PMSI) dans le système national des données de santé (SNDS), le premier certificat de santé de l’enfant (PCS), les six registres français d’anomalies congénitales, le programme national de dépistage néonatal (DNN), l’enquête nationale confidentielle sur la mortalité maternelle (ENCMM) et l’enquête nationale périnatale (ENP). Une partie de ces sources est constituée de données exhaustives (ou quasi exhaustives) et homogènes sur le territoire français. C’est le cas pour les données de l’état civil via l’Insee, du PMSI et du DNN.

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