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Contraception

20 déc 2019

Implant contraceptif : après de nouveaux cas de migration, l’ANSM renforce sa vigilance

Florence Haroche, Paris

Le vendredi 6 décembre 2019, L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) annonce de nouvelles mesures et un renforcement de la vigilance afin de réduire le risque de passage dans la circulation sanguine et dans les artères pulmonaires de Nexplanon, seul implant contraceptif commercialisé en France. Il est utilisé par 200 000 femmes en France chaque année, majoritairement âgées de 18 à 24 ans selon une enquête de Santé publique France.

Une « carte » pour sensibiliser les patientes Une première alerte avait été effectuée en 2016, après le recensement de 18 cas de migration concernant cet implant. Alors que ce sont désormais « 30 cas de migration d'implants Nexplanon dans l'artère pulmonaire qui ont été signalés à l'ANSM » depuis mai 2001soit 3,17 cas en 2017 pour 100 000 insertions, l'agence sanitaire « appelle à nouveau les professionnels de santé à la vigilance sur le risque de lésions neuro-vasculaires » à l'endroit d'insertion (pouvant se manifester par des fourmillements ou des troubles de la sensibilité dans la main) ainsi qu’au risque « de migration de l'implant contraceptif Nexplanon dans les vaisseaux sanguins et dans le thorax ». En outre, dans le cadre d’un consensus européen établi avec les autres agences sanitaires, l’ANSM annonce que, désormais, les patientes qui bénéficient de ces implants « se verront remettre au moment de la pose (...) une carte patiente complémentaire à la notice, les invitant à vérifier une à deux fois par mois la présence de l'implant et à contacter rapidement leur médecin ou leur sage-femme si elles ne le repèrent plus au toucher ». Insertion trop profonde et exercice physique intense L'ANSM enverra également une seconde lettre aux professionnels de santé dans les prochaines semaines pour leur rappeler les consignes sur la procédure d'insertion (au niveau du triceps, sur la face interne du bras non dominant, à environ 8 à 10 cm de l'épicondyle médial de l'humérus et à 3 à 5 cm postérieur sous le sillon qui sépare le biceps du triceps) et de retrait de l'implant. Il leur sera également vivement recommandé « de se former en présentiel à la pose de ces implants ». Une dizaine de « centres d'excellence à la pose et au retrait d'implant contraceptif » existant en effet en France pour « former les professionnels volontaires à la pose ». L’ANSM rappelle en outre ses recommandations de 2016. « Après insertion, le professionnel de santé ainsi que la patiente doivent être capables de palper l’implant sous la peau du bras de la femme. Un implant non palpable doit toujours être localisé avant le retrait. Si l’implant n’est pas palpable et du fait de la nature radio-opaque de Nexplanon®, une radiographie bidimensionnelle doit-être réalisée afin de vérifier sa présence dans le bras. Les méthodes adaptées pour sa localisation comprennent également la tomodensitométrie (TDM), l’échographie avec sonde linéaire à haute fréquence (10 MHz ou plus) ou l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Si l’implant reste malgré tout introuvable au niveau du bras, les techniques d’imagerie mentionnées ci-dessus doivent être envisagées au niveau thoracique (…) Après localisation d’un implant non palpable, son retrait est recommandé sous guidage échographique. Si l’implant est localisé dans le thorax, une intervention chirurgicale ou endovasculaire peut être nécessaire pour le retrait ». Enfin, notons que pour expliquer ce phénomène une étude publiée par le British medical journal en juillet mettait en avant les risques d’une « insertion trop profonde » de l’implant et la pratique d’un « exercice physique intense » après la pose.

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